Parce que l’été approche, parce que vous en avez toujours rêvé et ne vous êtes toujours pas lancé dans l’écriture, voici au moins 5 {mauvaises} raisons de ne pas le faire… Et quelques bonnes aussi d’y songer.

Après tout, on a tous commencé un jour, et se lancer ne veut pas dire qu’on a les réponses à toutes ses questions : vais-je y arriver ? est-ce que j’ai quelque chose d’intéressant à raconter ? et d’ailleurs, qui va me lire ?

1ère {mauvaise} raison : penser qu’on a rien à raconter

Je sais ce que vous pourriez vous dire : « ma vie n’intéresse personne ». Après tout, vous êtes une personne plutôt « normale », n’avez jamais vécu de course poursuite ou d’amour fou au détour d’un bar…

Mais les romans ne sont-ils pas souvent faits de petits rien ? De ces petits détails qui font qu’un amour se renverse ou se renforce, qu’on nourrit des soupçons ou de l’espoir ? Pensez à « La première gorgée de bière » (Delerm), ou encore Les Jeunes Filles en Fleur (Proust), voilà. On y est.

Et puis rappelez-vous que Nabilla a bien sorti un bouquin… (#VanneGratuite #Jemenveuxunpeuquandmême). D’ailleurs, un roman n’est pas nécessairement auto-biographique. Alors, trouvez ce petit souvenir, cette émotion, imaginez la raison pour laquelle cette fille pleure dans le métro, et le chemin que ce type pourrait emprunter… D’ailleurs n’avez-vous pas toujours trouvé que votre voisine faisait des choses étranges… Et ce monde parallèle dont vous avez parlé ? Place à l’imaginaire !

2ème {mauvaise} raison : écrire, c’est pas pour vous

C’est vrai. L’écriture c’est réservé à une minorité… La preuve : il n’y a que 704 030 références disponibles en France*, qu’un peu plus de 25000 titres sur BoD (Books On Demand, site d’auto-édition), et une étude montre que « 6 % des Français ont rédigé un manuscrit et souhaitent le publier »**, soit à peu près 2,5 millions de personnes !

Bon, ok. Si maintenant vous êtes convaincus que ça pourrait être vous, vous allez me dire « mais qui va me lire » ? Je vous invite donc à aller lire la 3ème {mauvaise} raison de ne pas se lancer.

*source : chiffres clés secteur du livre éd. 2015
**étude Ifop pour Le Figaro Littéraire. Ce qui représente 2,5 millions de personnes. article France Culture ici

3ème {mauvaise} raison : personne ne va vous lire

Vrai. Et voici quelques pistes pour y parvenir :

  • Ecrivez sur un carnet façon pattes de mouche, pour que même le plus grand des curieux soit incapable de vous lire
  • Dites « c’est privé » quand on vous demande ce que vous faites
  • Attendez que le roman soit totalement fini (ficelé, corrigé, retravaillé, etc.) pour commencer à en parler à vos proches, pas besoin en prime de gérer leurs encouragements
  • Ignorez toutes ces plateformes d’écriture (Wattpad par ex.) qui vous permettent un dialogue direct avec des centaines de lecteurs (et jeunes auteurs pour la plupart !) et de recueillir des conseils
  • N’écrivez surtout QUE des pavés. Les gens aiment bien quand il y a un seul retour à la ligne toutes les 2 ou 3 pages
  • Fuyez les bêta lecteurs ! D’ailleurs, vous vous êtes toujours demandé ce que ça voulait dire…
  • Et surtout, les réseaux sociaux on oublie !

4ème {mauvaise} raison : penser que vous n’arriverez jamais au bout.

Là, on touche du doigt un vrai risque. Car ce premier roman, on en rêve depuis toujours, et on veut qu’il soit parfait. Trop parfait ? Peut-être. Alors je me permettrai deux conseils issus de mes propres écueils, qui on bien failli me faire abandonner mon tout 1er roman (non publié) :

  • Commencez petit. Et pourquoi pas une nouvelle pour appréhender votre style ?
  • Ne visez pas tout de suite le roman parfait, celui qui contient tous vos thèmes de prédilection, ces personnages si beaux car ultra complexes, et cette trame mécanique dont tout le monde rêve.

Sur ce sujet, Julie du blog « Julie Tu lis Elle lit » a réalisé une série d’interview d’auteurs sur l’écriture de leur 1er roman, avec de nombreux conseil. A retrouver ici

5ème {mauvaise} raison : pas le temps !

Vrai. Pour ne me priver ni de ma vie sociale, ni de ciné, j’ai opté pour l’option « écrire dans les transports », tôt le matin, ou le soir. Mais « c’est pas un vrai conseil » me direz-vous ! Et vous auriez raison de le faire remarquer.

Au fond, l’écriture est surtout une question de régularité. Une idée ? Prenez-la à la volée sur votre carnet / téléphone. 10 minutes dans une salle d’attente ? Prenez-vous à rêver votre prochaine scène.

Une après-midi entière d’écriture, voir même 1 à 2 heures dédiées, c’est rare. Alors écrivez par petits bouts, et régulièrement.

Entre-nous : et si le fait de penser souvent à son roman nous aidait à construire notre intrigue et à faire vivre nos personnages ? Et si ce roman nous aidait à prendre du temps pour soi ? Mais là… On flirte avec les bonnes raisons.

D’ailleurs, et les bonnes raisons dans tout ça ? C’est bientôt, dans un prochain article 🙂 #JeSaisJeSuisHorrible 😉

Vous êtes auteur, vous êtes lecteur, et les vos raisons à vous ? Et votre vision de celles-ci ? Dites-moi tout, j’insèrerai vos visions dans l’article (et le prochain !) !